Kurdistan

         Les  contextes historico-politiques du Kurdistan

Kurdistan 

Le Kurdistan,  historiquement appelé la Médie est le pays des Kurdes. Sa superficie est environ 409’650 km carrés : « le Kurdistan à lui seul est plus grand que  la Grande-Bretagne,  le Hollande, la Belgique, le Danemark et la Suisse » [1].

«Les Kurdes sont les descendants de Mèdes et ils appartiennent  au rameau iranien de la grande famille des peuples indo-européens. Aux temps préhistoriques, des royaumes ayant pour nom Mittani, Kassites, Hourites ont régné sur ces territoires montagneux situés entre le plateau iranien et le cours supérieur de l’Euphrate. Au VIIème siècle av. J.C., les Mèdes, qui sont aux Kurdes ce que les Gaulois sont aux Français, fondèrent un empire qui en l’an 612 av. J.C. conquit la puissante Assyrie et étendit sa domination à tout l’Iran ainsi qu’à l’Anatolie centrale [2]».

Cette date de 612 est d’ailleurs considérée par des Kurdes nationalistes comme le début de l’ère kurde et selon le calendrier Kurde, on est en l’an 2709 actuellement.

Après la 1ère guerre mondiale, le traité de Sèvres signé en 1920 par les puissances victorieuses a dépecé la Turquie ottomane au profit de ses voisins et des minorités, notamment kurde. Par la suite, les  victoires successives de Mustafa Kemal contraignent les alliés à signer un second traité, en 1923 à Lausanne, qui redessine les frontières de la région et scelle définitivement la partition du Kurdistan entre 4 pays: la Turquie, l’Iran, l’Iraq et la Syrie (cf carte en annexe 64). L’autonomie des Kurdes se dégrade sévèrement avec le  partage de leur territoire, ils sont notamment privés de leur autonomie culturelle. En effet, dans la foulée de la Turquie, les pays occupant le Kurdistan adoptent à leur tour des politiques nationalistes pour structurer leur territoire dont les frontières viennent d’être redessinées et ce nationalisme sert de justificatif pour réprimer notamment l’identité du peuple kurde.  Couper les Kurdes de leurs racines  culturelles et de pratique spirituelles millénaires a été un moyen efficace de détruire la personnalité kurde et de briser ses tentatives de résistance. Ces pratiques continuent encore largement de nos jours, dans la plupart des 4 pays « occupants » (à l’exception de Kurdistan Iraquien depuis 2003),  à  l’indifférence générale de la communauté internationale.

Actuellement, selon une estimation de l’Institut Kurde de Paris, 35 à 40 million d’habitants peuplent le Kurdistan. Géographiquement, le Kurdistan se trouve au Proche-Orient et il forme une chaîne de montagnes. Le Kurdistan connu pour ses hautes montagnes tel le mont Ararat (5’158m),  possède un climat équilibré. D’un côté, les deux grands lacs de Van (au Kurdistan de la Turquie) et d’Urmia (au Kurdistan Iranien), de l’autre, de multiples rivières et ruisseaux qui rejoignent les deux fleuves mésopotamiens, le Tigre et l’Euphrate, rendent ce pays propice à l’agriculture et à l’élevage[3]. Le Kurdistan est un pays riche et auto-suffisant mais, comme l’indique un rapport[4] de l’ONU sur l’Iran et le Kurdistan Iranien, la richesse du Kurdistan est confisqueé par l’autorité en place pour favoriser le développement des régions non kurdes. Le constat est le même en Iraq : La politique économique de Bagdad au Kurdistan a été de marginaliser la région, qui ne reçoit de 1970 à 1974 que 7% à 12%, selon les années, des aides au développement. Sur 150 projets entrepris par le gouvernement à cette époque, seuls 4 le sont au Kurdistan[5] .

«  Les quatre Kurdistan »

 

 Kurdistan de la Turquie

En effet, depuis la création du nouvel Etat-nation turc les Kurdes survivent dans cette « zone de génocide »[6].  Entre 1919 et 1923, Mustafa Kemal (futur Atatürk, père des Turcs), pour encourager la lutte contre l’occupation de l’Anatolie, n’a pas hésité à faire la promesse d’une fraternité kurdo-turque. Ainsi, le nouvel Etat qui serait créé sur les décombres de l’Empire ottoman serait un Etat kurdo-turc.

Cependant, dès sa création, le nouvel Etat (la République de Turquie) n’a pas tardé à se retourner contre les Kurdes, appelés désormais, les « Turcs montagnards ». Ils devaient soit revenir à leur vraie « nature turque »[7], soit, comme le prônait Tevfik Rustu Aras (le Ministre des Affaires étrangères entre 1925 et 1938) « disparaître comme les Indiens des Etats-Unis »[8]. Cette attitude allait avoir des conséquences considérables sur l’avenir des Kurdes dans ce pays.

Les Kurdes se reconnaissaient dans un Etat dont l’identité était basée sur un élément religieux et non ethnique, comme dans le cadre du défunt Empire ottoman. Néanmoins, l’abolition du califat et l’expulsion de la dynastie ottomane en mars 1924 ont rompu les derniers liens d’allégeance des Kurdes avec le nouvel Etat. Les Kurdes tenteront de renégocier leur statut à plusieurs reprises, mais la réponse du nouvel Etat restera la même : la répression, déplacement de la population kurde et différentes politiques d’assimilation.

Dès février 1925, le Kurdistan de Turquie entre dans une guerre quasi-permanente : 17 révoltes kurdes entre 1924 et 1938[9]. Dans certains cas la répression a atteint le niveau « des campagnes génocidaires »[10]. Cette première phase de révoltes-répression a été suivie d’une politique d’assimilation ; la langue et la culture kurde ont été interdites[11]. La répression et les politiques d’assimilation qui ont suivi la supression de la révolte de Dersim semblaient aboutir à un « règlement définitif » de la « question kurde » en Turquie. La Turquie cherchait à anéantir l’identité kurde. Ce qui nécessitait une assimilation complète des Kurdes et la répression brutale de toute tentative de résistance.

Cependant, dès 1984, avec le début de la guérilla du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), le Kurdistan de Turquie est entré dans une deuxième phase de violence et de répression. Suite aux agissements de la guérilla du PKK, l’ensemble de la vie politique turque a été affectée,  mais l’approche turque de la « question kurde » n’a pas pour autant été modifiée. Cette guerre a coûté des dizaines de milliers de vie humaines. Elle a abouti à la destruction des dizaines milliers de villages kurdes et au déplacement des millions de Kurdes. Ces derniers se sont dirigés principalement vers les grandes villes turques (Istanbul, Izmir, Antalya, Adana, etc.) où ils vivent dans des conditions très difficiles. Mais, des centaines de milliers d’entre eux se sont dirigés vers les pays européens (essentiellement en Allemagne), où ils forment une diaspora kurde[12].

Comparé au reste du pays, le niveau du développement socio-économique des provinces kurdes reste très bas[13]. Les investissements publics pourraient créer de l’emploi et générer des revenus dans cette région, mais leur niveau reste également très bas dans la région : « Yet, the mean per capita public investment in provinces in these regions remains at about one third of the national average »[14]. Les habitants des provinces kurdes (de l’Est et du Sud-Est dans le rapport) constituent 15% de la population nationale. La contribution de ces provinces au produit national brut est de 6%, mais la part du produit national brut par habitant n’est que 1/3 par rapport au reste du pays[15].

Comparée au reste de la Turquie, le niveau du développement (ou du sous-développement) de la région kurde est frappant. Pour s’en rendre compte, il suffit de comparer l’indice du développement humain[16] de la Turquie et de la région kurde : « (…)Turkey has a country score of 750, ranking 94th among 177 countries (…).Risking a statistical inaccuracy, the average HDI score for the 21 provinces (kurdes) may be suggested at 631. This corresponds to the HDI score of Morocco that ranks 124th on HDI. Under the present circumstances, 10 percent of the country’s population lives in 21 provinces with an average HDI-ranking that is roughly the same as Morocco’s, and as Turkey prepares to join the European Union, the importance of raising the HDI scores of these 21 provinces to an acceptable level is quite obvious. Even more strikingly, it is worth noting that the five provinces that rank lowest on HDI, namely Bingöl, Bitlis, Muş, Ağrı and Şırnak (toujours des provinces kurdes), have HDI scores lower than India. In other words, these provinces are less developed than India that has an HDI score of 602 »[17].

Les décennies de violence, répression, violations des droits de l’homme, etc., ont abouti à la destruction du Kurdistan de Turquie qui continuera à générer des mouvements de population.

Le Kurdistan d’Iran 

Histoire de la répression

Depuis la déclaration de « la guerre sainte » par l’ayatollah Khomeini, chef islamiste de l’Iran en 1979, les Kurdes subissent une politique très sévère de répression, de discrimination et de nettoyage ethnique.

A la suite des bombardements des villes kurdes par l’armée Iranienne en 1979, 52’000 civils Kurdes ont été tués et plus d’un demi-million Kurdes ont quitté leurs villes et leurs villages. Entre 1979-1993, les confrontations armées de l’armée iranienne avec le principal mouvement Kurde d’Iran, le Parti Démocratique du Kurdistan Iranien (PDKI)  ont fait 5’000 morts dans les rangs des Peshmergas (combattants) Kurdes.

Parallèlement à cette répression conduite à l’intérieur des frontières iraniennes, depuis 1979 jusqu’à nos jours, 321 militants politiques kurdes ont été assassinés à l’extérieur de l’Iran, notamment des leaders du PDKI. On rappelle ci-dessous les plus frappants de ces évènements :

  • le 13 juillet 1989 lors d’une « négociation » menée avec des diplomates iraniens dans un hôtel à Vienne (Autriche),  A. Ghassemlou et deux de ses compagnons sont assassinés dans un appartement. Les émissaires du gouvernement iranien n’étaient autres que des terroristes envoyés par le régime de Téhéran pour les assassiner. Le gouvernement autrichien laisse partir de l’hôpital l’un des assassins qui a été blessé et il rejoint l’ambassade d’Iran d’où il gagne Téhéran. En raison des impératifs économiques qui lient l’Autriche à l’Iran, aucune suite juridique n’est donnée à cet assassinat.
  • le 17 septembre 1992, Sadeq Sharafkandi, successeur du dirigeant du PDKI assassiné à Vienne, subit le même sort avec trois compagnons à Berlin,  alors qu’il est invité à participer au Congrès de International Socialiste. Le Tribunal Fédéral allemand condamne  le haut dirigeant du régime iranien pour ces assassinats. (cf la plaque de commémoration des victimes de l’attentat de Berlin  en annexe n°64)

 Situation économique et politique

Alors que le Kurdistan iranien est, en terme de richesses naturelles (pétrole, agriculture ressources  minérales), avec l’Ahwaz (territoire de la minorité arabe) l’une des régions les plus riches d’Iran, un rapport publié en avril 2006 par l’ONU[18] montre, chiffres à l’appui, que cette zone est l’une des plus discriminées et des appauvries du territoire.

Parallèlement au pillage économique, le régime iranien pratique, depuis son arrivée au pouvoir en 1979, une politique de « dékurdistanisation[19] » et de « génocide blanc[20] », à savoir :

  • Dékurdistanisation :

Les jeunes Kurdes sont amenés à quitter le Kurdistan avec leur famille car ils n’y trouvent pas de travail. Le régime n’investit pas au Kurdistan et toutes les richesses minérales et pétrolières extraites au Kurdistan sont traitées dans les provinces Perses comme Shiraz, Abadan et Téhéran.

  • Génocide blanc

Il s’agit de favoriser la distribution des drogues comme l’opium et la cocaïne parmi les jeunes vivant dans les provinces kurdes. D’après Mahdi Badri, l’auteur du « Drug Spread in Iran and Est Kurdistan »[21], le phénomène de l’addiction aux drogues touche une famille sur cinq au Kurdistan et il se propage dans les villages kurdes qui en étaient jusque là épargnés. Dans cette région non seulement l’autorité iranienne n’arrête pas les dealers mais elle les recrute et les fournit en drogues. Le but de cette politique de régime est double : d’une part éloigner les jeunes kurdes des mouvements patriotiques, et d’autre part créer un système d’espionnage au sein des familles.  En effet, Ittela’at (le service de renseignements iranien) utilise cette méthode pour se renseigner sur les membres politiquement actifs des familles kurdes : il est plus facile d’obtenir des renseignements de jeunes gens dépendants, a fortiori si on les pourvoit en drogue, que de militants patriotes.

Kurdistan d’Irak 

Avec le traité de Lausanne de 1923 et la redéfinition de frontières régionales,  la partie irakienne du Kurdistan s’est retrouvée sous mandat britannique jusqu’à l’indépendance de ce pays, obtenue en 1932. Depuis lors, quelque soit le régime politique en place à Bagdad, la minorité kurde n’a jamais renoncé à sa volonté de créer un Etat autonome Kurde.

Après l’accession de Saddam Hussein à la présidence de l’Irak en 1979, le Kurdistan irakien a vécu trois décennies de politiques de nettoyage ethnique : destruction systématique de villages, déportation de population,  « arabisation» de la région. Comme le décrit Babakhan, un  écrivain kurde : « La politique d’arabisation n’affectait pas uniquement le caractère démographique de la région. Elle concernait également le domaine de l’enseignement. Le transfert massif des familles arabes dans la région du Kurdistan entrainait l’accroissement  de la proportion des éléments arabes par rapport à la population kurde, favorisant ainsi l’arabisation de la région, du moins numériquement. Cette situation ne manquait évidemment pas de se répercuter sur les plans politique, social et culturel, notamment avec l’augmentation du nombre des écoles où les enseignements étaient dispensés exclusivement en langue arabe » [22].

Par ailleurs, l’armée de Saddam a en outre utilisé l’arme chimique  contre les habitants de la ville de Halabja, en mars 1998, provoquant la mort de 5’000 civils en l’espace de quelques minutes.

 Situation économique et politique

Le Kurdistan constitue une importante source économique pour l’Irak, grâce à l’agriculture et à l’exploitation des gisements pétroliers. 

« Le Kurdistan produit à lui seul plus de 64% du volume annuel de la production agricole en Irak »38. De même pour le pétrole, 77% des 76,4 millions de tonnes produites  proviennent des gisements situés dans les régions kurdes.

A noter que depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, la situation des  Kurdes en Irak s’est nettement améliorée. On constate une prospérité économique et sociale,  malgré l’ingérence et les bombardements réguliers par les  armées  d’Iran et de  Turquie sur le territoire kurde irakien.

Kurdistan de Syrie

La situation des Kurdes de Syrie se distinguent peu de celle de l’Iran. Ils représentent 10% de la population en Syrie. Ils se sentent exclus, mais de facto, le sont de par la loi, en effet, en 1962, après un recensement, 150’000 Kurdes ont été déclarés apatride et ainsi perdu leurs droits civils et politiques. Jusqu’à aujourd’hui, tout ce qui touche la culture Kurde est interdit. Le parti Baas, au pouvoir, impose une politique de répression et de promotion forcée de la culture arabe. Ainsi les Kurdes sont privés du droit de posséder une maison, de voyager et de scolariser leurs enfants. Ils vivent en quelque sorte comme des immigrés sur leur propre terre.

 La société Kurde, son économie et la place de la femme

Historiquement, la société Kurde est principalement fondée sur un fonctionnement tribal et rural et son économie repose sur l’agricole et l’élevage, « l’agriculture (30%) et l’élevage (34%) constituent l’essentiel de son économie[23] ».  Le système d’économie de marché n’est arrivé au Kurdistan que depuis la deuxième guerre mondiale et il est à l’origine de la création des villes et des centres commerciaux.

L’industrie pétrolière kurde, située principalement à Kirkuk et Khanaqin au Kurdistan Irakien, à Kermashan au Kurdistan Iranien, à Siirt et Batman au Kurdistan de la Turquie et à Jesire au Kurdistan de la Syrie, est exploitée par les Etats occupant le Kurdistan. Les Kurdes eux-mêmes ne sont pas, ou très rarement, employés par les compagnies d’exploitation pétrolière.

Le Kurdistan est une mosaïque de croyances

Même si la majorité des Kurdes sont convertis à l’islam sunnites,  le Kurdistan a toujours été un lieu ouvert aux religions, où il existe d’innombrables lieux de cultes et de confessions. On trouve également au Kurdistan des chrétiens, des juifs, des yezidis[24], yaresan[25], alévi[26] mais également des confréries musulmanes particulières telles que les Qaderi et Naqeshbandi[27].

La place de la femme dans la société kurde

Dans la société rurale traditionnelle kurde, les femmes avaient un rôle clairement défini dans les activités agricoles et d’élevages à côté des hommes. L’urbanisation progressive et l’avènement du capitalisme ont provoqué des changements.

Comme  beaucoup d’autres  cultures occidentales ou non occidentales, la culture kurde n’est pas une entité monolithique. En ce qui concerne les  différences de genre, la culture du genre chez les Kurdes a deux fondements principaux :

  • D’une part la culture patriarcale  qui est présente dans le folklore, la littérature, le langage, les manières et l’humour.
  • D’autre part, la lutte des femmes pour l’égalité de droit et il n’est généralement pas connu et affirmé même si  la création de la première organisation des femmes kurde remonte en 1919.

Traditionnellement, malgré les guerres  et les influences culturelles des pays contrôlant le Kurdistan, les femmes Kurdes jouissent de certaines prérogatives, notamment la liberté de mouvement, celle de recevoir des invités étrangers, de participer et d’organiser des fêtes populaires comme l’observe J. Sammali : « les femmes kurdes participent toujours aux fêtes en public, les danses populaires sont mixtes contrairement aux règles de l’islam [28]». Et  en outre, elles exercent une autorité importante au sein de leur foyer et c’est elles qui sont chargées de l’éducation aux enfants.

Cependant, depuis les trois dernières décennies, la situation des femmes kurdes a été fortement affectée par la culture et les lois en vigueur dans les pays occupant le Kurdistan. En Iran, « la loi permet l’exécution des lesbiennes, des gays, et la lapidation des femmes pour adultère [29]». La Turquie, qui applique le « droit au génocide[30] » au Kurdistan, ne criminalise pas le crime d’honneur, bien qu’elle aspire à adhérer à l’Union Européenne.

En Irak et en Syrie, la société Kurde est également influencée par les traditions et le mode de vie des bédouins arabes de ces deux pays et ainsi que par la religion de l’Islam. En effet, selon le Coran «  Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquels Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci… les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises… » (Coran 4, 34)[31]. Dans les pays où l’Islam est une religion d’état, les femmes kurdes sont sous le coup du droit islamique, qui est bien moins en leur faveur que les règles traditionnelles kurdes.

En Irak, le génocide  « Anfal » et les deux guerres du Golfe  ont eu pour conséquence la destruction de la structure traditionnelle de la société kurde et l’augmentation de la violence patriarcale,  cependant, la lutte des femmes pour l’égalité des droits a nettement avancé au Kurdistan irakien depuis la libération de cette partie du Kurdistan en 1991.

Langue

La langue Kurde[32] est l’une des langues iraniennes (kurde, perse, afghane et tadjik) et elle fait partie du groupe des langues indo-européennes. Jusqu’en avril 1991, les Kurdes de Turquie n’avaient pas le droit à l’usage de la langue Kurde. En  Syrie, l’utilisation du kurde est punie par la loi et en Iran, l’enseignement de la langue kurde est également interdit. En Irak, la langue kurde est enseignée au Kurdistan notamment depuis la chute de Saddam Hussein.  La langue kurde est constituée de deux  grands dialectes : le kurmandji et le soranî. 

« Le kurmandji (dialecte septentrional) est parlé par les Kurdes de Turquie, de Syrie, du nord de l’Irak et de l’Iran, ainsi que par ceux des ex-républiques soviétiques du Caucase, ce qui représente près de deux tiers de la population totale Kurde. Le soranî (dialecte méridional) est utilisé dans la grande partie du Kurdistan irakien et iranien. Le nombre de Kurdes parlant ce dialecte correspond à environ un tiers de l’ensemble de la population kurde. C’est la langue d’une littérature très riche[33] ». 


[1] Dr. Abdulrahman Qassemlou, Kurdistan u Kurd, Edition Peshewa (en Kurde), 1973, p. 48.

[2] K. Nezan, un aperçu de l’histoire Kurde, www.institutkurdedeparis.org, Paris, 2008. Consulté en 2008

[3] A. R. Qassemlou, Kurdistan  u  Kurd, Editions Peshawa (en Kurde) 1973, p.67.

[4]  Le journal Kurdistan, N° 411, 2007, p.7.

[5] G. CHALIAND. Le malheur Kurde. Paris édition  Seuil.  1992.  P. 132.

[6] Levene, Mark, 1998 « Creating a modern ‘zone of genocide’: The impact of nation- and state- formation

on Eastern Anatolia, 1878-1923, » Holocaust and Genocide Studies, Vol. 12, No. 3, pp. 393-433.

[7] Selon l’historiographie nationaliste, les Kurdes étaient d’origine turque et parlaient le turc, mais à travers

la vie qu’ils avaient menée dans les montagnes reculées ils avaient fini par oublier leurs « vraies origines ».

[8] YERASIMOS, Stéphane, « Les Kurdes et le partage du Moyen-Orient, 1918-1926 », in PICARD,

Elisabeth, (dir.), La question kurde, Bruxelles, Editions Complexes, 1991, p. 31.

[9] KIRISCI, Kemal and WINROW Gareth.  The Kurdish Question and Turkey: An Example of a

    Trans-state Ethnic Conflict, London, Franc Cass, 1997, p. 101.

[10] Cf. BRUINESSEN Martin van. « Genocide in Kurdistan? The suppression of the Dersim rebellion

in Turkey (1937-1938) and the chemical war against the Iraqi Kurds (1988), in ANDROPOULOS,

George, J., (ed), Conceptual and historical dimension of genocide », Universty of

Pensilvania press, 1994, pp. 141-170. Extrait diponible

sur < http://www.let.uu.nl/~martin.vanbruinessen/personal/publications/Dersim_rebellion.pdf >.

[11] KIRISCI, Kemal and WINROW Gareth. The Kurdish Question and Turkey: An Example of a

     Trans-state Ethnic Conflict, op. cit., p. 101.

[12] Cf. The Status of Internally Displaced Kurds in Turkey: Return and Compensation Rights – An Update,

      Fact-FindingMissionReport,    <http://www.barhumanrights.org.uk/docs/bhrckhrp/IDP_return_compesation.pdf>.

[13] Cf. Social and Economic Priorities in Eatern and Southeastern Anatolia,       <http://www.undp.org.tr/publicationsDocuments/tesevENG.pdf>, p. 5.

[14] Ibid., pp. 6-7.

[15] [15] Ibid., pp. 6-8.

[16] Il s’agit de l’indice du développement humain ou IHD du Programme des Nations unies pour le développement.

[17] Cf. Social and Economic Priorities in Eastern and Southeastern Anatolia,

http://www.undp.org.tr/publicationsDocuments/tesevENG.pdf>, pp. 9-10.

[18] Le journal du Kurdistan, n° 348, 2006, p. 18.

[19] Journal Kurdistan, n. 421, 2007, p.11.

[20] idem

[21] BADRI Mahdi, Drug Spread in Iran and East Kurdistan, Erbil, Edition Khani, 2007, p.54.

[22] BABAKHAN Ali.  Les Kurdes d’Irak. Leur histoire et leur déportation par le régime de Saddam Hussein, Kurdistan. 1994

 

[23] A. Qassemlou, Kurdistan u Kurd, Edition Peshewa (en Kurde), 1973, p.41.

[24] C’est un culte des Anges, il est proche de Zoroastrisme. le Yezidisme est une religion propre aux Kurdes.

[25] Les gens qui appartiennent à ce culte vivent généralement à Kermashan et à Khaneqin.

[26]  C’est une minorité religieuse kurde qui vive notamment à Dersim, Sivas, Kharput et Dyarbakir.

La croyance Alévite est très humaniste,   libérale et place la femme et l’homme au même niveau.

Les pratiques alévites sont distantes de celles de l’islam. Par exemple l’alcool est toléré.

[27] Ce sont des familles de Cheikh très modérés appartenant au sunnisme.

[28] Jacqueline être Kurde, un délit ? Editions L’Harmattan, p. 46.

[29]  Le journal Kurdistan, N° 426, janvier 2007, p.7.

[30] Kuper, Leo, 1981 Genocide: Its Political Use in the Twentieth Century. New Haven, Yale University Press. P.8.

[31] Croix-Rouge Suisse, Bulletin n°4. Genève.  Avril 1993, p.7.

[32] A. Qassemlou, Kurdistan u Kurd, Edition Peshewa (en Kurde), 1973. P. 29.

[33] www.infokurd.com/langue.htm, consulté en 2008

© Association pour les Droits Humains au Kurdistan d'Iran-Genève (KMMK-G) - Admin -