(English) Indiscriminate Killings of Kurdish civilians known as Kulbar is rising in Iranian Kurdistan

متاسفانه این مطلب تنها به %LANG در دسترس است.

Genève 2 et l’avenir du Kurdistan syrien

Genève 2 et l’avenir du Kurdistan syrien

  Cet article est publié par le Tribune de Genève le 15 janvier 2014.

Le 24 juillet 1923, lors du traité de Lausanne, le Kurdistan a été partagé en quatre (entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran) par les vainqueurs de la Grande Guerre notamment la France et la Grande Bretagne. Et ce sans la représentation kurde. Depuis lors, le Kurdistan, particulièrement celui de Syrie, a vécu une politique agressive d’assimilation et de répression. Par exemple, en 1962, lors d’un recensement, 300’000 Kurdes ont été déchus de leur nationalité, le régime du père de Bashar Al Assad a construit une « ceinture de sécurité » à la frontière entre la Syrie et l’Irak pour remplacer les villageois kurdes par les tribus arabes. Nonante ans après le traité de Lausanne, les Kurdes syriens se préparent à participer en force à la conférence Genève II, prévue pour le 22 janvier 2014.

En effet,  le Haut Conseil Kurde, créé en 2012 et chapeautant dix-sept organisations politiques, s’est réuni à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, une zone « quasi indépendante » depuis la chute de Saddam Hussein, en 2013, pour envoyer une délégation unie kurde à Genève 2.

Sur le terrain, l’YPG, le bras armée du Parti Démocratique d’Union Kurde (le PYD), une organisation laïque dont la moitié de ses forces est formée de femmes, a réussi à contrôler l’ensemble des territoires kurdes. Le peuplement Kurde en Syrie (12% de la population environ) s’étend tout au long de la frontière turque jusqu’à Qamishloo, frontière avec le Kurdistan d’Irak.

En outre, les forces kurdes du PYD viennent de déloger les islamistes dans tous les villages en majorité ou minorité kurde. Par ailleurs, Le PYD contrôle 85% des puits de pétroles de Syrie, qui sont situés au Kurdistan. Il faut également rappeler que depuis le début du conflit, en 2011, les Kurdes ont adopté une politique de « ni soutien au régime alaouite, ni soutien aux islamistes sunnites ». Cette politique leur permet désormais  de garder une position de « King maker » à l’instar des Kurdes iraquiens après la chute de Saddam Hussein en 2003, qui ont joué un rôle médiateur entre les Shiites et les Sunnites. Depuis le 19 novembre 2013, les Kurdes syriens ont déclaré une zone autonome kurde et ont pour objectif d’instaurer un Etat fédéral et démocratique en Syrie, respectant les droits des minorités et des femmes.

Alors que la communauté internationale tente de convaincre les acteurs concernés de participer à Genève 2, la Turquie soutenue par l’Occident, s’oppose catégoriquement  à la participation kurde à cette conférence. En outre, le gouvernement de Receb Tayyip Erdogan vient de commencer la construction d’un mur entre la ville de Nuseybiya (Kurdistan de Turquie) et Qamishloo le chef-lieu du Kurdistan de Syrie. Selon un reportage de la BBC, le gouvernement Islamiste turc de l’AKP soutiendrait le groupe Gihadiste du Front al-Nosra, des rebelles affilié à Al-Qaida et en guerre contre les Kurdes de Syrie. En février 2013, le Front al-Nosra a commis quelques massacres contre les civils kurdes à la ville frontières avec la Turquie de Ras-Al-Ayn.

Finalement, la communauté kurde se demande si les pays occidentaux vont céder à la pression turque et lâcher de nouveau les Kurdes comme ils l’ont déjà fait lors du traité de Lausanne en 1923.

Par Taimoor Aliassi, le Repésentatnt à l’ONU de l’Association pour les Droits Humains au Kurdistan d’Iran-genève

Taimour

© Association pour les Droits Humains au Kurdistan d'Iran-Genève (KMMK-G) - Admin -